Pas d’excuse

0 Commentaires / 113 Vues / 18 avril 2016

source liberation.fr

«Responsable, mais pas coupable.» On se souvient tous, ou presque, de cette phrase lâchée par Georgina Dufoix, ministre des Affaires sociales de 1984 à 1986, à propos de l’affaire du sang contaminé. A l’époque, les responsables politiques avaient été dédouanés par la justice, qui avait considéré que l’état de la science ne leur permettait pas d’imaginer la catastrophe à venir. On est dans une tout autre configuration avec l’affaire du valproate, cet antiépileptique qui, pris par une femme enceinte, affecte lourdement le fœtus, provoquant malformations mentales et physiques. Les effets néfastes de cette molécule sur la femme enceinte sont en effet connus depuis le début des années 80, c’est l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) elle-même qui le pointe dans un récent rapport. Les autorités politiques et sanitaires n’ont donc plus d’excuse. Le laboratoire pharmaceutique concerné et les médecins non plus. Tout le monde savait, tout le monde sait. Et pourtant, le valproate est toujours en vente, certes avec quelques garde-fous, mais facilement contournables. On est là dans la caricature du mal français. La force d’inertie du système politico-sanitaire et les intérêts de certains sont tels qu’il est très difficile, parfois impossible, de stopper une molécule folle. On l’a bien vu avec les scandales du Distilbène et du Mediator. Dans le cas du valproate, il aurait peut-être suffi d’un site web au point, ou simplement d’une centralisation de l’information pour éviter les milliers de cas recensés. L’information n’est pas passée ou mal, les différents comités Théodule montés à la hâte n’ont servi à rien. Cela s’appelle de la légèreté et, en matière médicale, c’est impardonnable.

http://www.liberation.fr/france/2016/04/14/pas-d-excuse_1446249

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