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DES ou Distilbène
C'est le nom de l'hormone de synthèse prescrite à nos mères lors de leur grossesse.
Pour les filles qui ont été exposées in-utéro à cette hormone, cela signifie aujourd'hui : malformations utérines, stérilité, grossesses difficiles et prématurité, cancer...
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Merci à tous les participants de la réunion d'information le 20 mars 2010 sur le thème des procédures judiciaires avec la présence Maitre Verdier.

Ce fut une rencontre riche grâce à vos nombreuses questions et malgré nos craintes tout le monde a pu rentrer dans la salle (pas forcément être assis).

Un compte rendu sera envoyé dans les jours à venir aux participants, à nos adhérents et à ceux qui en feront la demande...

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Le 8 novembre une rencontre a lieu dans le sud-ouest !
Nous espérons que ce n'est qu'une longue série de rencontres un peu partout en France !
Si vous souhaitez une rencontre dans votre région, n'hésitez à nous en faire part et nous verrons ensemble comment l'organiser !

Le 12 novembre rencontre de travail sur Paris
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- Dysplasie : II s'agit de lésions précurseurs du cancer infiltrant du col caractérisées par un trouble de la croissance et de la différenciation épithéliale associant des anomalies architecturales (appréciées en histologie) et cytologiques (visibles sur le frottis)
Il existe 3 niveaux de dysplasie ( en fonction de la proportion des éléments atypiques):
- la dysplasie légère : anomalies dans le tiers inférieur de l'épithélium (CIN I)
- la dysplasie modérée : anomalies atteignant la moitié voire les 2/3 de hauteur de l'épithélium (CINII)
- la dysplasie sévère ou le carcinome in situ : anomalies concernant la totalité de l'épithélium (CIN III)

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 Le Distilbène : Le diéthylstilbestrol : la bombe à retardement explose
posté par sandrine le 9/5/2003 17:44:35 (7689 lectures)

Source : extrait du livre "Médicaments à problèmes, d'Andrew Chetley - (p 276-287)

"Entre 1948 et 1971, le DES a été donné à quelque deux à trois millions de femmes enceintes aux Etats-Unis, exposant par là même entre deux et trois millions d’enfants aux effets du médicament (8).
Les services de santé canadiens estiment que près de 400 000 enfants ont pu être exposés (9).
En Europe, on estime que quatre millions de femmes pourraient avoir utilisé le DES pendant leur grossesse (10).
Aux Pays-Bas, entre 180 000 et 380 000 femmes enceintes ont été traitées par le DES.
En France, approximativement 200 000 femmes enceintes et leur enfant ont été exposées au DES (11).


Une invraisemblable campagne de promotion a aidé le médicament à se répandre à travers l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Amérique latine, le Moyen-Orient et l’Asie.
Par exemple, une publicité de 1957 parue dans l’American Journal of Obstetrics and Gynecology pour le compte de la société Grant Chemical, affirmait que le DesPlex° était capable de « prévenir l’avortement, la fausse-couche et le travail prématuré » et recommandait le médicament « pour la prophylaxie de routine dans TOUTES les grossesses (...) sans effets secondaires gastriques ou autres ».

Inefficace et peu sûr

En réalité, le DES était inefficace. Une étude menée en double aveugle contre placebo portant sur 1 600 femmes et publiée en 1953 montra clairement que le DES ne réduisait pas le risque d’avortement, d’accouchement prématuré
ou tardif (12). Malheureusement, l’étude omettait de mentionner le fait important que le DES « accroissait de manière significative le nombre d’avortements, d’enfants mort-nés et de prématurés » (13), une conclusion qui aurait pu ou aurait dû être tirée des données de l’étude.

Non seulement le DES était inefficace, mais il n’était pas sûr.
Vers la fin des années 30 et au début des années 40, des études chez l’animal montrèrent que le DES et les autres oestrogènes pouvaient provoquer le cancer (14). Le lien entre l’utilisation du DES et le développement du cancer chez l’homme a été établi en 1971. Les chercheurs trouvèrent une forme rare du cancer du vagin et du col (adénocarcinome à cellules claires) chez les filles des femmes qui avaient pris du DES au début de leur grossesse. La FDA américaine
retira rapidement l’autorisation d’utiliser le DES pendant la grossesse (15).

Les autres pays réagirent plus lentement.
L’Autriche retira tous les produits contenant du diéthylstilbestrol, du dienestrol, de l’hexestrol et leurs dérivés en 1977 ; l’Italie retira le diéthylstilbestrol ; et en 1980, le Koweit interdit l’importation de produits contenant du DES ou du diéthylstilbestrol diphosphate. L’Allemagne et la Grèce ont limité l’indication d’utilisation du DES au traitement du cancer de la prostate; l’Arabie Saoudite et la Tunisie ont prohibé l’utilisation du DES lors de la grossesse (16).
La France l’a interdit en 1977 durant la grossesse.
Les Pays-Bas, qui avaient pris la décision de l’interdire durant la grossesse en 1972, attendirent encore trois ans pour que l’interdiction prenne effet et que l’indication « à utiliser en cas de risque de fausse-couche » disparaisse de l’étiquetage (17).

Heureusement, l’adénocarcinome à cellules claires est rare, survenant dans un cas pour 1 000 à 10 000 filles exposées (18). Mais il affecte principalement des femmes d’une vingtaine d’années et ce type de cancer n’avait pas été observé auparavant dans cette tranche d’âge. Pour cette raison, il a été décrit comme « une maladie iatrogène (induite par les médicaments) fondamentalement nouvelle » (19).
Son traitement implique une chirurgie lourde et mutilante ou une radiothérapie.
En outre, par rapport aux femmes non exposées, les filles du DES ont deux fois plus de risques de développer des anomalies précancéreuses du col et du vagin ainsi qu’un carcinome in situ (20).
Au moins deux tiers des filles du DES présentent une adénose, affection dans laquelle les cellules qui produisent le mucus que l’on trouve normalement à l’intérieur du canal cervical sont aussi présentes à la surface du col et du vagin. L’adénose peut provoquer une sécrétion vaginale plus abondante. Cette affection est bénigne, régresse naturellement avec la temps et ne requiert aucun traitement médical.

Des défauts structurels du col, du vagin, de l’utérus et des trompes de Fallope ont été détectés chez plus de 40% des filles du DES (21), et une étude élève même la proportion aux deux tiers des filles exposées (22).
Les filles du DES sont plus susceptibles d’être stériles que les autres femmes.

En plus, les filles du DES ont un risque beaucoup plus élevé de complications de grossesse. Elles ont quatre fois plus de risque de fausse couche et de travail avant-terme que les femmes non exposées (23).
La grossesse extra-utérine, qui est une affection qui peut menacer la vie de la femme, survient dans 4 à 8 % des grossesses des filles du DES (24).

Toutes les filles du DES doivent se soumettre à des examens gynécologiques spéciaux chaque année. Ces examens doivent être effectués par un gynécologue familier des problèmes liés au DES. Le fait d’être une fille du DES peut avoir des implications dans le choix de la contraception, dans l’utilisation de médicaments contre la stérilité, et la grossesse.
Certains médecins conseillent la plus grande prudence dans l’emploi des médicaments liés au traitement de la stérilité et de la contraception hormonale (25).

Les filles du DES ne sont pas les seules atteintes. Les effets sur les garçons dont les mères ont utilisé le DES ne sont pas aussi bien connus.
Ceci est principalement dû à l’absence d’études sur le sujet. Les garçons exposés ne présentent pas d’anomalies urogénitales excessives selon une étude relativement large (26) ; en revanche d’autres études ont montré une
augmentation du caractère anormal de l’épididyme et des testicules, comme les testicules non descendus, leur développement incomplet ou défectueux ou une insuffisance spermatique (27).

Les mères qui ont pris du DES ont un risque de cancer du sein une fois et demi plus important et il est à craindre de le voir augmenté également chez leurs filles (28).

Selon un professeur d’obstétrique et de gynécologie, « Toute cette affaire peut être une bombe à retardement. J’hésite à employer cette expression, mais les effets n’arrêtent pas de surgir. D’abord la femme avec le col de l’utérus, puis l’utérus, puis l’homme avec les canaux de Wolf, et qui sait ce que l’avenir nous réserve » (29).
« La plupart d’entre celles qui ont été exposées au DES peuvent se souvenir exactement du moment où elles ont appris la nouvelle sur le DES. J’étais en train de lire mon journal du matin un jour d’avril 1971 lorsque je vis le titre ‘‘un médicament transmet un cancer rare aux filles’’. A la minute où je lus cette histoire, je fus saisie de terreur. Cela me concernait sans aucun doute ; je me souvins parfaitement de moi en train de prendre ces petites pilules quatre fois par jour pendant sept mois au cours de ma grossesse ».- Pat Cody, cofondatrice de DES action USA".

___________

Vous en saurez encore plus en lisant "Médicaments à problèmes, d'Andrew Chetley, publié par HAI et traduit et adapté par ReMeD :
Carinne Bruneton
Réseau Médicaments et Développement
35 rue Daviel
75 013 Paris - tel 33 1 53 80 20 20 - fax 33 1 53 80 20 21
REMED.75013@wanadoo.fr
www.remed.org


 
 
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