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C'est le nom de l'hormone de synthèse prescrite à nos mères lors de leur grossesse.
Pour les filles qui ont été exposées in-utéro à cette hormone, cela signifie aujourd'hui : malformations utérines, stérilité, grossesses difficiles et prématurité, cancer...
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Merci à tous les participants de la réunion d'information le 20 mars 2010 sur le thème des procédures judiciaires avec la présence Maitre Verdier.

Ce fut une rencontre riche grâce à vos nombreuses questions et malgré nos craintes tout le monde a pu rentrer dans la salle (pas forcément être assis).

Un compte rendu sera envoyé dans les jours à venir aux participants, à nos adhérents et à ceux qui en feront la demande...

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Le 8 novembre une rencontre a lieu dans le sud-ouest !
Nous espérons que ce n'est qu'une longue série de rencontres un peu partout en France !
Si vous souhaitez une rencontre dans votre région, n'hésitez à nous en faire part et nous verrons ensemble comment l'organiser !

Le 12 novembre rencontre de travail sur Paris
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 Procès : La lente émergence des victimes d’Etat
posté par stefania le 25/1/2010 17:43:32 (352 lectures)

source www.la-croix.com

Shoah, sang contaminé, hormone de croissance, amiante, essais nucléaires… En France, de telles victimes sont nombreuses à se regrouper pour demander justice et réparation. Comment leurs traumatismes ont-ils été reconnus ?

Après les horreurs de la seconde guerre mondiale, particulièrement meurtrière pour les civils, les dirigeants ont aussitôt envisagé d’apporter aux victimes une aide matérielle. En France, « le programme du Conseil national de la résistance prévoyait la mise en place d’un État providence dès la victoire des alliés, impliquant davantage de justice sociale et de sécurité, mais aussi des dédommagements, des allocations et pensions pour les civils victimes de la terreur fasciste », explique Claire Andrieu, spécialiste de l’histoire politique contemporaine.

http://www.la-croix.com/La-lente-emergence-des-victimes-d-Etat/article/2411951/5547

Pour les victimes de la Shoah, mais aussi pour leurs descendants, les traumatismes dus à la déportation et à la politique antisémite ont été immenses. Beaucoup ont souffert du « syndrome du survivant » (culpabilité d’avoir survécu quand tant d’autres avaient été assassinés). Syndrome qui se manifeste par de nombreux troubles (anxiété, état dépressif chronique, renfermement mélancolique, altération de l’identité personnelle…).

Il était essentiel de « penser les survivants comme des victimes, de mettre en évidence qu’il existait une maladie psychologique causée par une réalité externe », explique Nathalie Zajde, responsable clinique et de recherche au centre Georges-Devereux et spécialiste de l’état de stress post-traumatique (1). Bref, de leur faire comprendre que « vous n’êtes pas seuls, nous allons évoquer ce qui vous est arrivé, identifier vos agresseurs, leur demander des comptes et tenter de proposer des réparations ».
Une rente pour les orphelins de la Shoah

En France, c’est Serge Klarsfeld qui a travaillé à identifier, nommer et dénombrer les victimes de la Shoah. Avec l’association qu’il crée, Les Fils et Filles de déportés juifs de France, il réalise l’édition d’un mémorial de la déportation. Les chiffres et les noms des 76 000 déportés juifs sont alors publiés juste avant le procès de Cologne en 1979 (où furent jugés trois hauts responsables de la déportation juive en France), procès dans lequel l’association se porte partie civile. « Établir l’identité de victimes était primordial pour que la Shoah ne reste pas simplement un crime de masse », dit-il.

Ensuite, l’avocat s’est attaché à réparer ce qui pouvait l’être. « Je me suis battu pour l’établissement d’une indemnisation des orphelins de la Shoah qui, étant donné leur jeune âge, avaient été complètement oubliés après guerre. Les conséquences de la perte de leurs parents ont très souvent engendré d’immenses souffrances. Beaucoup, très sensibles, n’ont pas eu une vie personnelle ni professionnelle très heureuse, il fallait les empêcher de tomber dans la misère. »

Serge Klarsfeld réussit (dans les années 1990) à obtenir de l’État français une rente pour ces orphelins, puis la création à Matignon d’une commission chargée de l’indemnisation des spoliations des biens juifs.
«Ceux qui assument des fonctions doivent rendre des comptes»

« Dans le droit et dans les consciences collectives, on a, après le dernier conflit mondial, petit à petit compris que la société devait assurer à ceux qui avaient subi un préjudice, l’obtention de réparations », explique Antoine Garapon, secrétaire général de l’Institut des hautes études sur la justice.

Les associations ont eu un rôle déterminant dans cette prise de conscience. Depuis une vingtaine d’années, constituées parties civiles, elles se sont presque substituées au parquet. Agissant au nom de l’intérêt général, elles ont permis aux victimes de se faire entendre aussi bien du point de vue psychique que matériel. « Le risque étant peut-être, parfois, ajoute Antoine Garapon, de confondre le désir de voir les coupables condamnés et le fait de vouloir comprendre l’origine des drames. »

Voir les responsables condamnés n’a pas été le propre des seules victimes de la Shoah.« Que les gens qui assument des fonctions rendent des comptes, cela me paraît indispensable pour que notre société demeure civilisée », affirme François Desriaux, à l’origine de la création de l’association des victimes de l’amiante, l’Andeva.
Les victimes déplorent la longueur de l’instruction

« L’affaire de l’amiante n’est pas une catastrophe naturelle ; l’inaction des responsables n’a pas duré quelques secondes non plus. La plupart du temps, ces derniers ont masqué les dangers encourus par des travailleurs pour pouvoir continuer à exploiter des matériaux mortels. Sur la gravité de leurs fautes, sur leurs capacités à persister dans l’erreur, il n’y a qu’un procès contradictoire qui puisse rendre compte de cela. »

Un procès souvent long à obtenir. Les victimes et leurs familles ont attendu seize ans l’ouverture du procès des hormones de croissance, une dizaine d’années pour celui du sang contaminé. Quant à celui de l’amiante, les premières plaintes ont été déposées en 1996 et l’instruction des dossiers ne devrait s’achever qu’en 2014.

Dans toutes ces affaires, les victimes déplorent donc la longueur de l’instruction. Outre d’évidents manques de moyens, « les enquêtes sont complexes, il faut trouver les liens de causalité entre le fait générateur et leurs conséquences. C’est pour cette raison que l’on a créé un pôle spécialisé, le pôle de santé publique, qui instruit, avec des moyens spécifiques (pharmaciens, médecins…), les affaires touchant à cette thématique », explique Guillaume Didier, porte-parole du ministre de la justice.
La charge de la preuve a été inversée au profit des victimes

Par ailleurs favorable à une plus grande spécialisation de la justice, la garde des sceaux Michèle Alliot-Marie portera prochainement le projet de création d’un nouveau « pôle génocide » au sein du tribunal de grande instance de Paris.

D’autres éléments ont encouragé le combat des victimes ces derniers mois : par deux fois, la charge de la preuve a été inversée à leur profit. Il n’appartiendra plus aux victimes des essais nucléaires français du Sahara algérien et de Polynésie française de prouver que leurs maladies (18 répertoriées, principalement des cancers) sont dues à de tels essais. Ce sera à l’État de le contester.
Mais tout cela est fragile

Il en est de même pour les « filles du distilbène » (cette hormone de synthèse prescrite aux femmes enceintes de 1950 à 1977, pour prévenir les fausses couches et qui a engendré des malformations chez leurs filles). Le 24 septembre 2009, la Cour de cassation a décidé que ce serait aux laboratoires (UCB Pharma et Novartis) de démontrer que leurs produits n’étaient pas en cause dans l’état de santé des malades. Ces changements pouvant accélérer et faciliter les procédures judiciaires.

Mais tout cela est fragile. Qu’adviendra-t-il des procédures entamées par les victimes, si le projet de loi de suppression des juges d’instruction va à son terme ?

Emmanuelle FRIEDMANN

(1) Auteur de Enfants de survivants et Guérir de la Shoah, Odile Jacob, 19,90 € et 23, 90 €

 
 
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