Les grands bouleversements de l’adoption internationale

0 Commentaires / 39 Vues / 30 janvier 2003

Les 20 000 Français qui postulent chaque année à l’adoption ont découvert ces deux dernières années de grands bouleversements de l?adoption internationale avec la fermeture de certains pays (Vietnam d’où provenait un quart environ des 4 000 enfants adoptés, Roumanie, et aujourd?hui Thaïlande).
La disparition, pour les Français, de ces destinations privilégiées a modifié profondément la carte de l’adoption.
En conséquence, le continent américain prend de plus en plus de place dans les destinations, avec la Colombie, propulsée pour la première fois en tête des pays d’origine (environ 400 enfants adoptés en 2001).

 

Yves Nicolin, nommé par le ministre de la Famille, Christian Jacob, à la tête du Conseil supérieur de l’adoption, propose une série de réformes pour « simplifier et raccourcir les procédures ».
Ses efforts se porteront d?abord vers le Vietnam, où sont encore bloquées des centaines de dossiers.
La Mission de l’adoption internationale qui est en France l’autorité centrale, a repris un à un tous les dossiers bloqués pour convaincre les familles de se tourner vers d’autres destinations, sous peine de perdre leur agrément. Mais pour aller où ? Déboussolés, les postulants (dont moins de 40 % confient leur dossier à un organisme agréé tandis que 60 % se débrouillent seuls par démarche individuelle) doivent se familiariser avec ses bouleversements.

[color=cc6600]Un tour d?horizon sur les destinations :[/color]

[color=3366ff]L’Amérique : principale destination[/color]

C’est aujourd?hui le premier continent d’origine des enfants, prenant la place tenue jusqu’alors par l’Asie.
La Colombie apparaît comme la destination la plus sûre et la plus accessible. Dotée d’un dispositif solide mettant à l’abri les enfants d’intermédiaires douteux, elle garantit de vrais jugements d’adoption appuyés sur le consentement réel des parents d’origine lorsque la filiation est connue. De plus le système permet en général de limiter à six semaines le séjour sur place des familles adoptives pour les tout-petits (moins de 2 ans), quatre semaines pour les grands, et, elle propose des bébés à l’adoption internationale dans un contexte sûr.
Haïti, second plus gros pays d’origine (275 enfants adoptés en 2001), a l’avantage d’être francophone, ce qui simplifie les choses pour les postulants, de plus en plus nombreux depuis un an et demi mais les délais de procédure ont tendance à augmenter. Les autorités françaises soulignent l’état de santé souvent précaire des enfants, en conseillant aux adoptants de réclamer un rapport médical très complet.
Le Brésil, qui a signé la convention de La Haye, a pris des mesures pour mieux contrôler les procédures.
Au Pérou, peu d’enfants sont désormais proposés à l’adoption, et les autorités ont fait savoir récemment que le délai d’attente était de deux ans.

[color=3366ff]L’Asie : beaucoup de portes fermées[/color]

La réouverture récente du Vietnam n’a pas permis de réamorcer l’adoption par des Français. Les rares dossiers traités actuellement sont ceux qui étaient bloqués sur place depuis dix-huit mois. Une destination verrouillée de fait.
Le Cambodge, lui, n’accepte plus de nouveaux dossiers depuis près d’un an, et s’il venait à le faire, les autorités françaises appellent à beaucoup de vigilance sur la sécurité de l’adoption.
La Chine, bien qu’elle se soit ouverte à l’adoption internationale, confie beaucoup d’enfants aux Américains et aux Canadiens mais peu aux Français. La démarche reste difficile, tout reste à faire dans le suivi des relations avec ce pays.
La Thaïlande qui restait le pays le plus accessible n’accepte plus de nouveaux dossiers depuis fin 2002.Les délais étaient de deux ou trois ans pour aboutir, et les enfants proposés aux étrangers étaient souvent des garçons de plus de 2 ans.
Les Philippines ne proposent pratiquement plus de bébés à l’adoption. Seuls ont de grandes chances de réussir les projets d’adoption d’un enfant de plus de 4 ans ou d’un enfant handicapé.

[color=3366ff]L’ex-bloc de l’Est : terrain sanitaire miné[/color]

La plupart des États de l’ ex-Union soviétique privilégient, voire limite, l’adoption internationale des enfants de plus de 2 ans (7 ans en Ukraine depuis cette année) ou aux enfants « à particularités », c’est-à-dire malades ou handicapés. Mais il est parfois difficile de connaître avec certitude l’état de santé des enfants. Parmi les enfants supposés sains, on signale de plus en plus de pathologies masquées liées à leur long isolement (hospitalisme, autisme) et que les familles adoptives découvrent ensuite.
La Roumanie, fermée actuellement en attente d’une législation nouvelle, ne devrait pas rouvrir avant plusieurs mois. En principe, il ne sera possible d’y adopter que les enfants pour lesquels aucune solution nationale n’a été trouvée.

[color=3366ff]L’Afrique : des pays à redécouvrir[/color]

Les possibilités d’adoption varient avec la situation politique avec des épisodes chroniques de suspension et de réouverture. Quand l’adoption est possible, elle se passe très bien au Mali , au Burkina Faso , à Madagascar
Dans les pays du Maghreb, l’adoption plénière telle qu’elle le conçoit en droit français n’est pas autorisée.

(source d’information – le Parisien – 2002)

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