Le distilbène touche aussi les petits-enfants

0 Commentaires / 124 Vues / 5 avril 2011

Source La Vie

On connaissait déjà les effets néfastes sur la santé du Distilbène pour la mère et son enfant, mais ses conséquences sur la 3e génération, bien que suspectées, n’étaient pas établies. Depuis le 4 avril, ces répercussions sont avérées grâce au Pr Sultan, pédiatre endocrinologue de Montpellier. Ce médicament a été largement prescrit de 1948 à 1976 aux femmes enceintes. Indiqué à l’époque pour prévenir le risque de fausse couche, cette hormone de croissance a été interdite en 1977 après qu’environ 200 000 femmes l’aient ingérée. Une partie des 100 000 enfants de ces patientes ont contracté des maladies ou des malformations liées à cette molécule : tumeurs vaginales, malformations génitales, maladies psychiatriques et accouchements prématurés.

http://www.lavie.fr/actualite/france/le-distilbene-touche-aussi-les-petits-enfants-05-04-2011-15650_4.php

 

L’étude menée par le Pr Charles Sultan du CHU de Montpellier montre que les petits-enfants des patientes du médicament sont aussi touchés. En effet, les garçons de cette 3e génération sont 40 à 50 fois plus exposés à l’hypospadias. Cette pathologie congénitale est une malformation de l’urètre, dont l’orifice est mal placé sur le pénis. Elle nécessite une intervention chirurgicale quand l’enfant a environ un an. « L’étude ne fait que confirmer les doutes que nous avions », commente Stéphanie Chevallier, la présidente de l’association les Filles DES qui regroupe des victimes du Distilbène (DES). « C’est une vraie question de santé publique, beaucoup de femmes et donc d’enfants sont concernés. L’étude n’aborde pas tous les effets du Distilbène, notamment les problèmes mentaux mais c’est déjà un bon début », déclare Mauricette Puillandre, co-fondatrice de Hhorages France (Halte aux hormones artificielles pour les grossesses), une autre association de victimes.
La justice a déjà eu à se pencher sur ces effets transgénérationnels. En avril 2009, la mère de Louis, 20 ans aujourd’hui, né prématuré et handicapé, avait saisi le tribunal de Nanterre car sa propre mère avait pris du Distilbène. Elle était sûre que son exposition au médicament était responsable de l’état de santé de son fils. Le tribunal lui avait donné raison en condamnant UCB Pharma, qui produisait le Distilbène, à lui verser des dommages et intérêts. Mais le laboratoire a fait appel de la décision. « Le cas de Louis soulève des questions sur le recours des familles, assure Stéphanie Chevallier. Le combat judiciaire est bien trop long et trop inégal. Des familles se retrouvent face à des grands groupes pharmaceutiques, c’est disproportionné. » Le procès en appel aura lieu le 7 avril à Versailles.

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