Le Distilbène a t-il engendré des troubles psy chez les enfants exposés ?

0 Commentaires / 172 Vues / 21 mars 2012

source viva presse

Prescrit aux femmes enceintes pour leur éviter une fausse couche jusqu?en 1977, date à laquelle il a été interdit en France, le Distilbène (Des) a causé de nombreux dégâts chez les enfants, surtout les filles, exposés in utero : malformations de l?utérus, stérilité, cancers gynécologiques…
Il pourrait aussi être responsable de troubles psychiatriques. C?est, en tous cas, ce que soutient l?association Hhorages (Halte aux hormones artificielles pour les grossesses), rassemblant plus de mille familles dont les enfants sont victimes de dépressions sévères, d?anxiété, de troubles du comportement alimentaire, de schizophrénie, etc. Une dizaine d?entre-elles ont déjà porté plainte.
?Tant que le débat scientifique n?aura pas atteint un niveau de preuves suffisant, il est évident que les démarches entreprises sur le plan judiciaire n?aboutiront pas, a rappelé leur avocat, Maitre Jean-Paul Teissonnière, lors de l?assemblée générale de l?association qui s?est tenue samedi 17 mars à Paris. Mais l?accumulation d?un certain nombre de présomptions fait que l?on est prêt d?atteindre ce seuil?.

http://www.viva.presse.fr/Le-Distilbene-a-t-il-engendre-des_16716.html

 

?Un faisceau consistant d?arguments?
A l?association, 1 223 témoignages de mères ayant pris du Des pendant leur grossesse ont été enregistrés. Sur 1 676 enfants imprégnés dans le ventre de leur mère, 916 souffrent de troubles psychotiques, 448 ont, par ailleurs, des malformations génitales ou des maladies somatiques.
Dans le dossier ouvert au pôle de santé public du parquet de Paris sous la direction du juge Marie-Odile Bertella-Geoffroy, Jean-Paul Teissonnière note que « sans conclure à une relation directe et certaine de cause à effet » entre le distilbène et certains troubles d?ordre psychiatriques, il est fait état « d?un faisceau consistant d?arguments ».
Rien d?étonnant, apparemment, pour le Dr Oussama Kébir, psychiatre : « Le Distilbène appartient à la famille des perturbateurs endocriniens. Or, ces derniers sont capables de dérégler la machinerie qui régule les gènes à tous les niveaux, y compris celui du système nerveux central ».

31 familles vont participer à une étude
Pour tenter d?apporter une réponse scientifique à l?hypothèse d?un lien de causalité, le médecin a dirigé une étude dont les résultats interrogent. Dans une même famille, en comparant des frères exposés au Des et des frères non exposés, il relève que dans 80 % des cas, ceux qui ont été en contact avec la molécule in utero ont des troubles psychiatriques. A contrario, il n?y a pas de troubles chez les frères et s?urs non exposés.
Le Dr Kébir va maintenant aller plus loin en lançant une étude sur 31 familles afin de comparer leur épigénétique, à savoir les signaux qui témoignent d?un impact de l?environnement sur les gènes.
La recherche devrait démarrer en septembre 2012 sur environ 75 personnes. 450 000 « bornes informatives » seront analysées à partir de leur Adn. « Ce sera un argument crédible pour dire que l?exposition pendant la grossesse peut perturber d?une manière durable, voire massive, l?épigénome, affirme-t-il. C?est une piste car on sait que la régulation épigénétique est importante dans les troubles psychiatriques ». Résultats attendus à la fin de l?année 2012.
Le Distilbène pourrait aussi avoir un effet transgénérationnel. Au printemps 2011, une étude publiée et coordonnée par le Pr Charles Sultan, endocrinologue à Montpellier, a montré qu?il y avait 8 % d?hypospadias (malformation qui se manifeste par l?ouverture de l?urètre dans la face inférieure du pénis au lieu de son extrémité) chez les petits-fils des grands-mères traitées avec cette hormone de synthèse contre 0,2 % dans la population générale, soit 40 à 50 fois plus.

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