Distilbène : une famille indemnisée

0 Commentaires / 42 Vues / 18 décembre 2004

Distilbène : une famille indemnisée

Le tribunal de Nanterre a condamné hier le laboratoire UCB Pharma, fabricant du Distilbène (DES), à payer 310 000 euros de dommages-intérêts à la famille d’une jeune femme décédée des suites d’un cancer.

© Dernières Nouvelles d’Alsace – 18.12.2004

 

La mère de la victime avait été traitée au Distilbène pendant sa grossesse pour prévenir une fausse couche. Les experts médicaux ont estimé que ce traitement était à l’origine de la maladie de sa fille. La victime, Catherine Petit, décédée à 34 ans le 28 novembre, n’avait pour sa maladie « pas d’autre facteur de risque que celui d’une exposition au DES in utero », avaient-ils dit.
Le tribunal, qui a jugé le laboratoire « responsable » de la maladie, a prononcé l’exécution provisoire du jugement. La somme est donc payable immédiatement aux parents et à la compagne de la victime.
Le tribunal a estimé qu’il « doit être reproché à UCB Pharma d’avoir manqué à son obligation de vigilance et commis une série de fautes en ne surveillant pas l’efficacité du produit, et ce nonobstant les avertissements connus en littérature médico-scientifique ».

« Souffrances morales »

En effet, « dès les années 1953-1954, les doutes portant sur l’efficaci! té du DES (…) et la littérature expérimentale, qui faisait état de la survenance de cancers très divers, auraient dû justifier une attitude différente des laboratoires UCB », a ajouté le tribunal.
Enfin, les juges ont souligné le « préjudice spécifique » découlant de la prise de DES, constitué par « la nature des lésions subies, l’atteinte corporelle extrême (un cancer du vagin ayant dégénéré en cancer généralisé, ndlr.), le caractère mutilant des opérations supportées et l’ampleur des souffrances morales ».
Me Martine Verdier, avocate de la victime et sa famille, a souligné « une première » dans le fait que des victimes du DES aient obtenu une indemnisation.
Lors de l’audience du 26 novembre, les avocates d’UCB Pharma avaient dénoncé la « partialité » des experts judiciaires, accusés de mener « une croisade contre l’industrie du médicament ».
Pour Me Verdier, les experts ont exprimé « ce que tout le monde sait, à savoir que le monde pharmaceutique a un poi! ds, médiatique et dans le monde médical, qui permet parfois de faire passer des vessies pour des lanternes ».
Le 30 avril, la cour d’appel de Versailles avait confirmé la responsabilité d’UCB Pharma dans deux cas similaires.
Selon le Réseau D.E.S France, au moins 160 000 enfants, dont la majorité sont nés dans les années 1970, auraient été exposés au produit.

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