Distilbène : 310 000 euros pour la famille d’une malade décédée

0 Commentaires / 18 Vues / 18 décembre 2004

La jeune femme est morte en novembre des suites d’un cancer. Sa mère avait été traitée au Distilbène pendant sa grossesse pour prévenir une fausse couche. Le tribunal de Nanterre a considéré que le lien entre le médicament et la maladie était établi. Pour l’avocate de la victime, c’est une première.
source :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-391391,0.html

 

Le tribunal de Nanterre a condamné, vendredi 17 décembre, le laboratoire UCB Pharma, fabricant du Distilbène (DES), à payer 310 000 euros de dommages-intérêts à la famille d’une cancéreuse décédée avant la fin de la procédure judiciaire, « une première » selon l’avocate de la victime.

La mère de la victime avait été traitée au Distilbène pendant sa grossesse pour prévenir une fausse couche et les experts médicaux ont estimé que ce traitement était à l’origine de la maladie de sa fille.

La victime, Catherine Petit, décédée à 34 ans le 28 novembre, n’avait pour sa maladie « pas d’autre facteur de risque que celui d’une exposition au DES in utero », avaient-ils dit.

Le tribunal, qui a jugé le laboratoire « responsable » de la maladie, a prononcé l’exécution provisoire du jugement. La somme est donc payable immédiatement aux parents et à la compagne de la victime.

LE LABORATOIRE RESPONSABLE DE LA MALADIE

Le tribunal a estimé qu’il « doit être reproché à UCB Pharma d’avoir manqué à son obligation de vigilance et commis une série de fautes en ne surveillant pas l’efficacité du produit, et ce nonobstant les avertissements connus en littérature médico-scientifique ».

En effet, « dès les années 1953-1954, les doutes portant sur l’efficacité du DES (…) et la littérature expérimentale, qui faisait état de la survenance de cancers très divers, auraient dû justifier une attitude différente des laboratoires UCB », a ajouté le tribunal.

Enfin, les juges ont souligné le « préjudice spécifique » découlant de la prise de DES, constitué par « la nature des lésions subies, l’atteinte corporelle extrême (un cancer du vagin ayant dégénéré en cancer généralisé), le caractère mutilant des opérations supportées et l’ampleur des souffrances morales ».

Lors de l’audience de plaidoirie le 26 novembre, Me Martine Verdier, avocate de la victime et sa famille, avait demandé 600 000 euros de dommages-intérêts.

Vendredi, Me Verdier, « satisfaite », a souligné « une première » dans le fait que des victimes du DES aient obtenu une indemnisation.

LE POIDS DE L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE

« J’aurais voulu lui annoncer ça par téléphone. Aujourd’hui ce n’est plus possible », a déclaré en larmes Paule Petit, mère de la victime.

Lors de l’audience du 26 novembre, les avocates d’UCB Pharma avaient dénoncé la « partialité » des experts judiciaires, accusés de mener « une croisade contre l’industrie du médicament ».

Pour Me Verdier, les experts ont exprimé « ce que tout le monde sait, à savoir que le monde pharmaceutique a un poids, médiatique et dans le monde médical, qui permet parfois de faire passer des vessies pour des lanternes ».

Le 30 avril, la cour d’appel de Versailles avait confirmé la responsabilité d’UCB Pharma dans deux cas similaires.

Selon le Réseau D.E.S France, au moins 160 000 enfants, dont la majorité sont nés dans les années 1970, auraient été exposés au produit.

Votre Commentaire

Votre adresse email (ne sera pas diffusée)