Diéthylstilbestrol (DES) : effets nocifs chez les petits-enfants des femmes traitées

0 Commentaires / 199 Vues / 5 juillet 2016

Article de la Revue Prescrire

Le diéthylstilbestrol (DES), utilisé (à tort) en prévention des avortements spontanés est un perturbateur endocrinien dont les effets nocifs touchent les petits-enfants des femmes traitées.
Le diéthylstilbestrol (DES) est un œstrogène de synthèse, perturbateur endocrinien, utilisé dans les années 1950-1970 en prévention des avortements spontanés, mais sans efficacité démontrée. Il est apparu progressivement que le DES a des effets nocifs sur les enfants exposés pendant la grossesse : cancers, anomalies des organes génitaux, troubles psychiques, etc. (Cf. Diéthylstilbestrol (DES) : de nombreux dégâts durables).
En France, environ 160 000 enfants dits « filles ou fils DES » ont été exposés au DES avant leur naissance, dont environ 25 000 filles étaient en 2010 en âge de procréer. De nombreuses atteintes gynécologiques ont eu pour conséquences une fertilité réduite, un plus grand risque de grossesses extra-utérines, d’avortements spontanés notamment tardifs, et d’accouchements prématurés.
Une étude française a porté sur environ 4 500 « petits-enfants DES », qui constituent la 3e génération. Un quart de ces petits-enfants nés de filles DES ont été prématurés, ce qui les a exposés à un risque accru de troubles, notamment neurologiques, de handicaps psychomoteurs et de mortalité néonatale. D’autre part un risque accru de malformation a été mis en évidence chez ces petits-enfants DES, en particulier de l’appareil urinaire et du tube digestif, notamment de l’œsophage.
Ces répercussions parfois graves sur les enfants de la 3e génération sont dues pour certaines à la prématurité. D’autres sont vraisemblablement les conséquences d’effets épigénétiques du DES, c’est-à-dire que le DES a sans doute une action sur l’expression de certains gènes qui se transmet d’une génération à l’autre. Des effets de ce type ont été observés chez des rongeurs exposés à des perturbateurs endocriniens, y compris le DES, ce qui rend plausible cette hypothèse.
©Prescrire 1er juillet 2016
« Diéthylstilbestrol (DES) : effets nocifs sur la 3e génération » Rev Prescrire 2016 ; 36 (393) : 508-513. (pdf, réservé aux abonn

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