Cobayes : la pilule est dure à avaler

0 Commentaires / 22 Vues / 8 décembre 2006

source marianne
C?est l?une des plus grosses catastrophes de l?histoire de l?industrie pharmaceutique ! On connaissait les risques des essais cliniques (effets secondaires indésirés, voire décès dans une proportion infime). Ce week-end, le géant pharmaceutique Pfizer a pourtant fait exploser les statistiques …(…)On se souvient du scandale du « Distilbène » (très vite retiré du marché), ce médicament prescrit aux femmes pour lutter contre la stérilité. Les grossesses provoquées par ce traitement avaient ainsi donné lieu à des milliers de cancers gynécologiques et de malformations. On peut aussi rappeler l?affaire de l?« Isoméride », retiré quatre ans après sa commercialisation : destiné à faire maigrir, il entraîna de sévères cas d?hépatite…
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C?est l?une des plus grosses catastrophes de l?histoire de l?industrie pharmaceutique ! On connaissait les risques des essais cliniques (effets secondaires indésirés, voire décès dans une proportion infime). Ce week-end, le géant pharmaceutique Pfizer a pourtant fait exploser les statistiques !

Le « Torcetrapib » devait à terme remplacer le fameux « Lipitor » (Tahor de son nom français), un anticholestérol. Pas moins de 52 millions de personnes ont recours chaque année à ce « blockbuster » (médicament ultra rentable) qui draine une manne annuelle de 12 milliards de dollars dans les caisses de Pfizer (un quart de son chiffre d?affaires). Ce qui en fait le médicament le plus vendu au monde.

On comprend que la firme ait fondé beaucoup d?espoirs dans cette nouvelle molécule qui porte bien son nom barbare. 82 décès plus tard, la décision de stopper tout essai est tombée. « Dans l’intérêt des patients et pour leur sécurité », annonçait le 2 décembre le directeur de Pfizer, Jeffrey Kindler. Les répercussions économiques ne se sont pas fait attendre. Quelques minutes seulement après l?annonce du retrait du « Torcetrapib », le cours de l?action de l?entreprise américaine dévissait de plus de 12 % à New York. Une catastrophe humaine qui montre bien la dépendance des laboratoires pharmaceutiques vis-à-vis de leurs produits phares.

Depuis l?apparition des génériques, les firmes pharmaceutiques ont une exclusivité de production pour une période de 10 ans. Passé ce délai, le brevet tombe dans le domaine public, ce qui signifie de grosses pertes pour son inventeur.

D?où la nécessité pour ces laboratoires d?innover perpétuellement ! Seulement voilà, avant que le médicament puisse être vendu, il doit disposer d?une autorisation de mise sur le marché (AMM) qui passe par des tests cliniques. Dans le cas de Pfizer, on connaît la suite : 82 morts ! Du jamais vu lors de phases d?essai ! On note cependant des précédents. On se souvient du scandale du « Distilbène » (très vite retiré du marché), ce médicament prescrit aux femmes pour lutter contre la stérilité. Les grossesses provoquées par ce traitement avaient ainsi donné lieu à des milliers de cancers gynécologiques et de malformations. On peut aussi rappeler l?affaire de l?« Isoméride », retiré quatre ans après sa commercialisation : destiné à faire maigrir, il entraîna de sévères cas d?hépatite.

Le « Torcetrapib » reste toutefois dans une autre configuration. Les décès se sont produits avant sa commercialisation. Un mal pour un bien ? 82 personnes ont trouvé la mort sur 15 000 patients volontaires. Sur la base des 52 millions de clients de son prédécesseur, on aurait pu proportionnellement aboutir à quelque 250 000 décès, soit l?équivalent d?un tsunami !

Une catastrophe financière pour Pfizer : le retrait du « Torcetrapib » va entraîner une perte d?une dizaine de milliards de dollars. Quant aux éventuelles plaintes des familles de victimes, les cobayes étaient volontaires?

Une affaire qui ne va pas améliorer l?image du lobby pharmaceutique, l?un des plus puissants au monde, aux yeux de l?opinion. Sans tomber dans un excès de diabolisation ? ces firmes permettent de faire avancer la science ? on sait déjà qu?en offrant plusieurs milliers de dollars aux patients volontaires, Pfizer n?aura pas trop de mal à recruter de nouveaux cobayes.

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